SG2 contre Seyssinet Samedi 12 Janvier

Cet article entend rendre compte de la réalité de la façon la plus objective possible. Néanmoins, nous sommes à l’ère des fake news, et il n’est pas improbable que quelques approximations se soient malencontreusement glissées au milieu de ce travail honnête de journalisme impartial. L’auteur s’en excuse par avance.

C’est une équipe de Meylan privée de quelques joueurs (pas très importants) qui, ce samedi, effectuait sa rentrée face à Seyssinet à la Buclos Royal Arena. Julien D était excusé pour raisons familiales, tandis que Maxime R se prenait des petites vacances à 5000 boules en plein mois de janvier. Thomas M, quant à lui, était toujours convalescent suite à une intervention chirurgicale qui lui permettra d’évoluer la saison prochaine dans l’équipe féminine.

Dans les tribunes une nouvelle fois chauffées à blanc, les supporters chanceux qui avaient campé devant la billetterie depuis l’aube pour obtenir leur précieux sésame avaient déployé un majestueux tifo représentant un ballon coincé entre la 4e et la 5e planche, en hommage aux exploits passés et à venir de notre artilleur Alexandre B.

Pour ce match de reprise, les consignes du coach étaient claires. Damien P mobilisait ses troupes avec un discours bref et incisif, mais néanmoins empli de la profondeur de vue qui caractérise les techniciens de légende. Un emphatique « Les gars, une passe c’est une passe ! » qui sonnait comme une redéfinition inédite (et radicale) des fondamentaux du handball moderne, et qui allait constituer la pierre angulaire d’un jeu meylannais renouvelé et ambitieux.

Meylan rentrait dans la rencontre comme une fève dans une galette. Pierrick B affichait pendant près de 4 minutes une forme olympique et laissait parler son bras droit pour un 2/2 sans équivoque, tandis que des courses justes et des transmissions précises offraient à Olivier C des décalages XXL et l’occasion de briller sur son aile gauche. Les fixations externes donnaient à Yoann H la possibilité de jouer les duels au centre, et il obtenait un pénalty qu’Igor M vendangeait allègrement faute de conviction. Cet accroc n’entachait une première période de qualité et Meylan proposait un jeu de bonne facture. Maxime F signait une partie correcte à 7 ou 8 arrêts, bien aidé par une défense solidaire. Antoine P enchaînait les contres autoritaires et Anthony L les prises de balle dégueulasses alors qu’Alexis C faisait parler sa vitesse de pointe en contre-attaque. Meylan voyait se profiler la pause avec un avantage de 8 buts après un numéro de funambule de Léo B dans le dos de la défense.

En seconde mi-temps, l’équipe de Meylan revenait sur le terrain avec des intentions bien moins tranchées et par conséquent des actions bien moins tranchantes. Thierry H, peu aidé par sa défense, vivait une mi-temps frustrante malgré quelques coups d’éclat. Des échecs au tir et des choix discutables venaient ternir une prestation offensive jusqu’alors maîtrisée. Meylan conservait cependant son avantage à la marque et ne se mettait jamais sérieusement en danger.

Un fait de jeu majeur faisait toutefois basculer la rencontre à la 56e minute. Victime d’un mal mystérieux, Antoine P demandait de toute urgence un changement et se traînait hors du terrain en pleurant de douleur et en rampant dans son vomi. Toujours enclin à se mettre au service de l’équipe, Yoann H le remplaçait aussitôt, mais ses coéquipiers l’accusaient avec virulence de vouloir gratter les quatre dernières minutes, sous prétexte « qu’en fait Antoine était juste allé mettre de la colle ». Ivres de haine et d’agressivité à l’encontre de leur coéquipier, ils procédaient alors à un chantage insupportable: «Yo, si tu rates le kung-fu, c’est totem ! », hurlaient-ils de leurs vilaines voix de lâches. Déçu par les siens mais stoïque dans l’adversité, Yoann H s’envolait alors vers le but avec la grâce d’un oiseau de proie, réceptionnait d’une main ferme une passe pourtant mauvaise, et, opérant un mouvement subtil du poignet pour glisser en douceur la balle dans la lucarne, marquait ce qui devait incontestablement devenir le plus beau but de la saison. Malheureusement l’arbitre avait choisi ce moment-là pour se tourner vers la tribune depuis laquelle Tristan D et Kevin L faisaient des remarques outrancières sur la couleur de son polo : déconcentré et vexé, il n’accordait pas le but. Tout le monde sautait alors sur l’occasion pour affirmer que la balle n’avait pas franchi la ligne, et à grand renfort de mauvaise foi, le totem trouvait preneur à la suite d’un scrutin dont l’issue tenait plus du lynchage moutonnier que de la délibération construite.

Néanmoins, la victoire était belle, le plaisir partagé, la communion avec le public chaleureuse. Les organismes éprouvés par l’âpreté du combat pouvaient rentrer au vestiaire et profiter d’une douche méritée, au cours de laquelle Igor M ne manquerait pas d’exposer brillamment sa thèse intitulée “Obstructions des siphons dans les vestiaires de sports collectifs : une origine organique”. Et c’est pour assouvir notre soif de ce genre de connaissances (mais aussi de bières) que nous renouvelons nos licences chaque année.

Sources :
« Une passe, c’est une passe ! » (Damien)
« L’arbitre il aime bien les couleurs pastel … » (Tristan)
« Si tu le rates t’as le totem ! » (Tous les mecs bien contents de pouvoir sauver leur peau)
« Je sais ce qui bouche les douches. » (Igor)
« Les gars, y’a un tas de maillots dans le vestiaire . » (Johnny)
« Eh mais y’en a un qui a laissé son calebar au milieu des maillots ! »(Alexis)
« Ah ouais, c’est mon calebar. » (Olivier)

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